Adam Laloum joue Schumann, Debussy, Schubert et Brahms

Récital au Verbier Festival 2010

Pour sa première venue au Verbier Festival, Adam Laloum interprète deux chefs-d'œuvre du répertoire romantique pour piano.

Première venue du jeune pianiste (23 ans lors du récital) au Verbier Festival. Échos et parentés, c'est à Vevey, petite ville du Valais toute proche, qu'Adam Laloum a été récompensé en 2009 du prix Clara Haskil, suivant la voie de l'un de ses professeurs, Evgeni Koroliov (prix Clara Haskil 1977). C'est dans cette ville que la pianiste d'origine roumaine a vécu les 18 dernières années de sa vie.

Les Davidsbündlertänze de Schumann sont construites comme une succession de courts tableaux, offrant plusieurs niveaux d'écoute. On y retrouve le Schumann fondateur de la revue Neue Zeitschrift für Musik, dans laquelle les « Compagnons de David » – les mêmes que dans cette œuvre ! – interviennent pour critiquer avec virulence les canons musicaux anciens et encenser les jeunes Schubert, Chopin, Berlioz... En composant ce « patchwork » de 18 danses factices, Schumann refuse le parti d'une construction musicale classique. S'alternent des moments de sarcasme, de poésie, d'humour, de lyrisme...

Car pensons également, inévitablement, à Schumann le poète. Le compositeur inscrit « Mit Humor » comme indication d'interprétation pour plusieurs danses ; « Humor » qui signifie en allemand tout à la fois humeur, saute d'humeur, humour. Il faut être doué d'un talent de funambule pour interpréter cette œuvre, où l'on avance comme sur un fil tendu au-dessus de mille paysages. Adam Laloum effectue ce périlleux voyage avec toute la maturité requise, en restituant chaque épisode avec précision, clarté, sensibilité et distinction. Sans jamais pousser la vitesse de son jeu, respectant scrupuleusement la partition, il restitue avec grâce et élégance chaque note, fait éclore chaque nuance, et nous fait entendre toutes les émotions typiques de la musique de Schumann.

La Sonate en sol, D 984 de Schubert, était la préférée d'un autre pianiste : Sviatoslav Richter. Cette œuvre longue (40 minutes, même si Richter l'a joué en l'étirant jusqu'à 50 minutes !) peut être qualifiée de « contemplative », tout comme la D 960. Schubert part d'un matériau musical simple. Il expose puis reprend, continuellement, quelques thèmes, sous des éclairages toujours renouvelés, tant et si bien que l'auditeur les découvre, les reconnaît, puis les connaît. Il devient familier avec le texte, et apparait d'elle-même l'architecture de l'œuvre, à la fois magistrale et discrète.

Musique d'un éclat noir et terne, toute en retenue, pleine de douceur, et chargée de nostalgie... Il émane de cette composition une grandeur secrète. Ce n'est pas sans raison qu'Adam Laloum choisit de clôre son récital avec un intermezzo de Brahms (Intermezzo
n°2, op. 117
), autre musique au fond très personnelle, et semblant évoquer le regret d'un temps perdu...

Événement :

Réalisateur : Pierre-Martin Juban
Playlists : Verbier Festival, Interdit aux plus de 35 ans, Les plus beaux programmes en HD
Époque : Musique Romantique
Genre musical : Récitals et musique de chambre
Forme musicale : Sonate

Durée : 01 h 27 min
Lieu : Verbier Festival (Verbier, Suisse)
Date d'enregistrement : 17/07/2010
Date de production : 2010
Production : © Idéale Audience / Museec / Arte France
Version(s) disponible(s) : DE



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